La capture accessoire survient lorsque les pêcheurs capturent d’autres espèces que celles recherchées. Cette faune est alors considérée comme un déchet et rejetée par-dessus bord, soit déjà morte ou sur le point de l’être. Pour certains pêcheurs commerciaux, les quantités de poissons rejetés lors de capture accessoire et les quantités de poissons conservés sont quasi équivalentes. Cette situation déplorable se répète autant chez les poissons que chez les baleines, les requins, les dauphins et les tortues. En effet, chaque année, des millions d’individus parmi ces espèces meurent par capture accessoire lors de la pêche d’espèces différentes. Selon les plus récentes estimations, la capture accessoire a atteint un total de 10,3 millions de tonnes métriques (soit plus de 22 milliards de livres) à l’échelle mondiale, chaque année, entre 2000 et 2010.  

La capture accessoire affecte l’industrie de la pêche partout au Canada. Par exemple, pour chaque lot de cinq poissons pêchés par chalutage de fond dans le Pacifique, un poisson est éliminé en raison de capture accessoire. Du côté de l’Atlantique, plus de 70 espèces sont capturées de façon accessoire, uniquement pour la pêche au flétan. Pourtant, il existe de l’équipement de pêche à faible impact pour minimiser la capture accessoire; mais le Canada n’a aucune politique nationale pour encourager son utilisation. De plus, il n’est pas obligatoire de déclarer le nombre d’espèces canadiennes non commerciales tuées par capture accessoire; cette quantité rejetée est trop souvent ignorée. 

Oceana Canada travaille afin de réduire la capture accessoire, en militant pour l’élaboration d’un plan national axé sur les principes suivants :  

  • Compter toutes les espèces, car tout est important; 
  • Utiliser les quantités maximales ayant été déterminées par la science afin de limiter la capture accidentelle des autres espèces;   
  • Contrôler la capture accessoire via différentes mesures efficaces de gestion.

La première étape pour l’élaboration d’un plan national à cet effet consiste à préparer un premier rapport sur l’impact de la capture accessoire dans les océans canadiens. Ce rapport, qui sera diffusé au printemps 2017, identifiera les pêches où la problématique de la capture accessoire est plus importante, en plus de faire ressortir les lacunes dans la politique actuelle et de proposer des solutions afin de mieux protéger les espèces à risque.  

Objectif de la campagne 

Des politiques légales de réduction de la capture accessoire sont en place afin de mieux protéger les espèces menacées au Canada et limiter les dommages collatéraux associés à la pêche. Ces politiques seront axées sur l’établissement de quantités maximales permises pour la capture accessoire et encourageront l’utilisation d’équipement de pêche sélectif, la fermeture de la pêche dans certains secteurs et certaines périodes, ainsi qu’une surveillance accrue de la situation.